Défaillances d’entreprises : pourquoi le recul de la prévention doit nous alerter
Les derniers chiffres publiés par l’Observatoire des données économiques du Conseil national des administrateurs judiciaires et des mandataires judiciaires (CNAJMJ) confirment la fragilité persistante du tissu entrepreneurial français.
Au 30 septembre 2026, 51 052 entreprises ont fait l’objet d’une procédure collective, soit une hausse de 3 % par rapport à 2025 et de près de 38 % par rapport à 2019.
Plus de 150 000 emplois sont menacés.
Deux procédures sur trois sont des liquidations judiciaires directes
Sur les neuf premiers mois de l’année, 33 271 entreprises ont été placées directement en liquidation judiciaire, sans passer par une procédure de redressement.
À l’inverse, seules 1 148 procédures de sauvegarde ont été ouvertes.
Le commerce reste le secteur le plus touché, tandis que les procédures dans la restauration progressent de près de 7 %.
Ces chiffres illustrent la difficulté de nombreuses entreprises à trouver des solutions avant que leur situation ne devienne critique.
Le véritable signal d’alerte : moins de prévention
Alors que les défaillances continuent de progresser, les procédures de prévention, mandat ad hoc et conciliation, reculent de 6,9 %.
Pour la conciliation, il s’agit même de la première baisse enregistrée depuis 2019.
Ces dispositifs confidentiels permettent pourtant d’engager un dialogue avec les créanciers et de rechercher des solutions en amont des difficultés les plus graves.
Leur recul interroge : pourquoi les dirigeants y ont-ils encore si peu recours ?
Méconnaissance des dispositifs, difficulté à reconnaître les premiers signes de fragilité, peur du regard des autres ou sentiment de devoir s’en sortir seul peuvent contribuer à retarder la demande d’aide.
Prévenir, c’est aussi accepter d’en parler
Chez Second Souffle, nous en sommes convaincus : les difficultés d’une entreprise ne doivent pas devenir celles d’un entrepreneur isolé.
Parler de ses difficultés à un autre entrepreneur, qui connaît les réalités et les responsabilités du métier, permet souvent de prendre du recul et d’envisager de nouvelles solutions.
Nos bénévoles accompagnent gratuitement, sans jugement et sans limite de temps les entrepreneurs qui en ressentent le besoin.
Car plus on agit tôt, plus les possibilités de rebond sont nombreuses.
Source : L’Officiel des difficultés des entreprises, T3 2026 – Observatoire des données économiques du CNAJMJ.
