Newsletter Mai Juin 2026
61 459 dirigeants concernés : et si l’on regardait enfin la réalité en face ?
Les chiffres viennent de tomber, et ils méritent toute notre attention.
Selon l’Observatoire de l’Emploi des Entrepreneurs publié par Association GSC, en partenariat avec Altares Dun & Bradstreet France, 61 459 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi en 2025. Cela représente près de 168 dirigeants chaque jour.
Un niveau inédit depuis 2015.
À première vue, certains y verront une forme de stabilisation. Mais comme le souligne Hervé Kermarrec, cette apparente accalmie ne doit en aucun cas rassurer. Car derrière ces chiffres, une réalité plus profonde s’installe : celle d’une précarité entrepreneuriale durable, alimentée par un climat d’incertitude qui fragilise jusqu’aux structures les plus solides.
Mais au-delà des données, une question essentielle se pose : que racontent vraiment ces 61 459 situations ?
Elles racontent des parcours, des décisions prises dans l’urgence, des mois, parfois des années, à tenter de maintenir un équilibre de plus en plus fragile.
Elles racontent aussi des dirigeants qui ont tenu, souvent longtemps, avant que la rupture ne devienne inévitable.
La difficulté entrepreneuriale ne surgit jamais du jour au lendemain. Elle s’installe progressivement, par paliers : un retard de paiement, une tension de trésorerie, une fatigue qui s’accumule, des arbitrages de plus en plus complexes… Et bien souvent, un isolement qui grandit.
Dans ce contexte, la prévention n’est plus une option. Elle est une nécessité.
Anticiper, c’est savoir reconnaître les signaux faibles. C’est accepter de prendre du recul avant que la situation ne se dégrade. C’est aussi connaître et oser mobiliser les dispositifs d’accompagnement existants.
Pourtant, trop de dirigeants attendent encore, par responsabilité, par engagement, par conviction qu’ils doivent « tenir » jusqu’à parfois franchir un point de non-retour.
En ce printemps, saison qui invite au renouveau, il est utile de rappeler une chose simple : il n’est jamais trop tôt pour se faire accompagner.
Agir tôt, c’est déjà se protéger. C’est préserver son entreprise, mais aussi soi-même.
Et parfois, c’est là que commence, très concrètement, un second souffle.
