La Biscuiterie de Fort Boyard, deuxième vie de Sébastien Branchu

Entrepreneur depuis 2002, Sébastien Branchu a totalement changé de vie il y a quatre ans. Après avoir géré jusqu’à trois vidéos-clubs, il est devenu pâtissier en Charente-Maritime, en créant la Biscuiterie de Fort Boyard.

Sébastien Branchu, 44 ans, s’affaire dans son atelier dès 6 heures du matin. Chaque jour, il prépare sablés, tuiles aux framboises et croquets qui seront ensuite emballés puis livrés aux enseignes de la grande distribution de Charente-Maritime. Son entreprise, la Biscuiterie de Fort Boyard, fêtera en mars 2018 son quatrième anniversaire.

Et même si l’activité est finalement très saisonnière, la biscuiterie connaît une croissance telle que Sébastien Branchu prévoit de s’installer dès 2019 dans un local plus grand. En passant de 140 à 300 m², il pourra agrandir aussi sa boutique pour les touristes de passage dans la région.

Mais à le voir avec sa toque blanche sur la tête, le cornet à la main, qui pourrait imaginer qu’il y a six ans a peine, ce pâtissier gérait des videos-clubs dans l’Indre ?

Internet killed the video clubs

L’histoire démarre en 2002… Sans aucun bagage en management ou dans la vente, armé d’un BTS en plasturgie, Sébastien Branchu décide de se mettre à son compte. Et, déjà, il opère un sacré virage, puisqu’il veut ouvrir un vidéo-club. Après avoir signé un contrat de licence de marque avec VideoFutur, du groupe CPFK, il installe son premier magasin dans le centre-ville de Châteauroux dans l’Indre. Puis viendra un deuxième, et un troisième vidéo-club.

En 2005, Sébastien Branchu décide d’abandonner son poste de technicien qu’il occupe chez un équipementier automobile pour se consacrer pleinement à ses vidéo-clubs.  « A l’époque, le secteur de la vidéo fonctionnait vraiment très bien. Nous n’avions finalement que Canal+ en face de nous », raconte l’entrepreneur.

Mais, à partir de 2009, ses magasins enregistrent une forte baisse d’activité. « Je perdais 20 % de mon chiffre d’affaires tous les ans. J’ai été contraint de déposer le bilan et de licencier mes deux salariés », explique Sébastien Branchu. L’internet, la vidéo à la demande et le piratage ont eu la peau des vidéos-clubs.

Incroyable ! La marque la Biscuiterie de Fort Boyard était disponible

Avant de fermer son dernier vidéo-club, en 2013, Sébastien Branchu anticipe sa reconversion. « Je voulais me prouver que ce dépôt de bilan n’était pas de ma faute même si je n’avais pas été très clairvoyant », confie-t-il. Il a d’abord envisagé d’utiliser son fonds de commerce idéalement situé à Châteauroux pour se lancer dans la cigarette électronique ou dans la vente de jeux vidéo. Mais finalement, accompagné de l’association Second Souffle qui aide les entrepreneurs à rebondir après un échec, il trouve une formation de CAP Pâtisserie. « Je cuisinais chez moi un peu, en loisirs, mais je n’avais jamais eu aucune formation dans ce domaine », conte-t-il.

Les places en formation sont très peu nombreuses et le ticket d’entrée est difficile à obtenir. Sébastien Branchu se présente avec un projet cohérent et un business plan bien ficelé pour mettre toutes les chances de son côté. Il souhaite monter sa propre biscuiterie, et prévoit de retourner dans son département d’origine, la Charente-Maritime, deuxième département privilégié par les touristes français en nombre de nuitées en 2016, selon l’enquête annuelle Suivi de la demande touristique (SDT). « Après avoir été près de onze ans à mon compte, j’avais du mal à envisager de redevenir salarié. Je ne m’imaginais plus ouvrier ou employé à 40 ans. C’était difficile pour moi de recommencer en bas de l’échelle mais je n’avais pas assez d’expérience dans le domaine de la pâtisserie pour occuper un poste à responsabilité », explique l’entrepreneur.

Le projet séduit et Sébastien Branchu décroche l’une des neuf places du CFA auquel il a candidaté pour suivre une formation accélérée en neuf mois, financée par Pôle Emploi et le Fonds social européen. En mars 2014, il crée la Biscuiterie de Fort Boyard. « Le Fort est un monument emblématique de la région. Cette marque forte n’avait pas encore été déposée, j’ai saisi cette opportunité », raconte Sébastien Branchu.

La biscuiterie artisanale a connu ses deux premières années une croissance de son chiffre d’affaires de 70 %. Son effectif oscille entre 2 et 5 salariés en fonction des saisons. Et, surtout, l’entrepreneur a des projets de développement. Il envisage de créer une gamme bio sous forme de snacking, exportable bien au-delà du département, avec pour objectif de désaisonnaliser son activité. « A partir du 15 septembre jusqu’au 1er avril, le chiffre d’affaires de ma biscuiterie est divisé par six, regrette Sébastien Branchu. J’espère qu’avec cette gamme bio, l’activité sera plus linéaire sur toute l’année. »

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